L’art contemporain au cœur de la mémoire

 Cendres et vie, Maison de village le Vivy, Herbeumont, jusqu’au 31 août

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Lors de la bataille des frontières, en août 14, Herbeumont fut en grande partie détruit et incendié. Les commémorations de ce mois d’août sont sous le signe de la création : une exposition d’art contemporain ; inauguration d’un mémorial sur une nouvelle place spécialement créée ; intervention contemporaine dans une chapelle mitoyenne d’un ancien cimetière militaire. Pas de trace d’événements religieux comme c’est le cas dans la plupart des villages avoisinants.

Valérie Harmel

Valérie Harmel

Sylviane Dufour anime l’Espace culturel qui organise l’exposition d’art contemporain qui porte sur le souvenir ou l’oubli, de guerre, d’incendie, de victime ou de désarroi, de reconstruction, d’espoir et de vie. Elle a rassemblé une vingtaine d’artistes, venant pour la plupart de la région. Ce sont vingt manières de voir le monde au travers d’une mémoire qui s’oublie, s’en va et revient comme dans le beau travail de Valérie Harmel, d’un morceau de bois brûlé dont le noir est travaillé par Thibaut Claessens pour, comme chez Soulages, rendre visible les luminosités particulières et variées du noir, d’un fragile dessin d’Arié Mandelbaum.

Homme rampant ( d'après Wilhelm Lehmbruck), Arié Mandelbaum

Homme rampant ( d’après Wilhelm Lehmbruck), Arié Mandelbaum

En commissaire d’exposition, Sylviane Dufour aime les artistes et a, pour chacun d’eux, les mots qui mettent en valeur la spécificité de chaque projet. Ses mots éclairent les divers travaux et permettent ainsi le dialogue entre toutes les œuvres. Elle-même présente des poteries qui, dans leur élaboration, parfois s’effondrent ou se cassent. Elle travaille sur ces imprévus, ces accidents comme si la résilience pouvait être une attitude permanente. Parmi toutes ces œuvres très sérieuses, Cécile Steinlet a créé un mannequin nu, disons un général muni d’une décoration de pacotille qui donne à l’exposition un air de légèreté et de dérision bien nécessaire.

Cécile Seinlet

Cécile Seinlet

 

 

Ici, comme c’était le cas à Porcheresse (voir billet précédent), les moyens financiers étaient très limités. C’est surtout l’énergie et l’enthousiasme d’une équipe qui ont permis cette exposition dont on sort avec le sentiment d’avoir gagné quelque chose.

 

 

 

 

 

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