Parcours d’artistes sur les terrains de guerre

VALDART, installations d’art contemporain dans La Meuse, jusqu’au 28 septembre 2014valdart

Valdart c’est une trentaine d’oeuvres inspirées par l’histoire d’un pays qui a connu la grande guerre dès ses débuts. Il y est question d’amour et de paix, de verres et de pierres, de lumières et d’eau, dans une église, un jardin, un lavoir, sur les murs d’une citadelle. On passe de l’un à l’autre, on se promène par monts et par vaux, à croire que l’expression a été inventée pour. C’est la Meuse, qui creuse sa vallée et laisse par-dessus un plateau de champs à perte de vue, avec ici et là quelques villages oubliés à plus de cent kilomètres d’une agglomération, Metz ou Reims. C’est la Meuse, jadis vertèbre industrielle de l’Europe, qui ne transporte plus que quelques péniches et ses touristes. Région économiquement délabrée qui conserve un patrimoine, tant public que privé, témoin de la richesse ancestrale. On connaît la basilique d’Avioth, et l’église de Mont-Devant-Sassey est d’une beauté sobre et étincelante.

Geert Bisschop, co-organisateur de Valdart, devant une de ses installations dans la Chapelle des arts de Stenay

Geert Bisschop, co-organisateur de Valdart, devant une de ses installations dans la Chapelle des arts de Stenay

 

Je rencontre Geert Bisschop, le co-organisateur de Valdart, dans une église de Stenay, la Chapelles des Arts, où il a placé une de ses installations. Ce flamand de Belgique habite depuis de nombreuses années à quelques kilomètres de Stenay. Il est en vêtement de coureur cycliste car il vient ici en vélo. Cheville ouvrière de l’association Valdart, il a monté ce circuit touristico-artistique avec son complice hollandais Robert Berkel.

Geert Bisschop a parcouru les zones de guerre en Bosnie et en Croatie pour en revenir transformé « lors d’une expérience d’illumination de l’amour ». Dans une des salles du musée de la bière de Stenay, il expose une vingtaine d’interventions autour de la guerre, de la méditation, de la paix dans « La chambre des guérisons ». C’est son pedigree, sa carte de visite dans un ensemble simple et touchant. Progressivement, tournant autour de photos, de globes, de néons, le corps est saisi par la cohérence de cette vision qui reproduit l’expérience de vie de l’artiste. C’est une mise à nu sans fard dans « La chambre des guérisons » où toutes les résiliences sont possibles.

Philippe Beaufils, Liens, Eglise de Marville.

Philippe Beaufils, Liens, Eglise de Marville.

A Marville, un bien joli village, Philippe Beaufils a installé un squelette en verre que ne renierait pas Jan Fabre. Dans le somptueux lavoir de Halles Sous-Les-Côtes, Imke Beek diffuse, sur l’eau des bassins, « Sound of silence ». Dans un jardin, des débris calcinés d’une maquette en bois d’un village sont abandonnés.

Dans l’église de Stenay, Geert Bisschop me raconte l’étrange histoire de la Chapelle des arts. Elle est construite en 1907 pour répondre à l’interdiction du maire de célébrer la messe en l’église paroissiale Saint Grégoire, se basant sur la loi de séparation des Eglises et de l’Etat en 1905. Le curé disait la messe depuis son balcon ! Plus tard, il put réintégrer son église mais il décida de construire une chapelle sur un terrain privé. Dans les années 50, le peintre de Stenay Daniel Vassart créa de magnifiques vitraux. L’église a longtemps été abandonnée. Une association tente aujourd’hui de la préserver comme lieu d’accueil pour divers évènements, notamment artistiques.

Robert Berkel, Le village détruit, Saulmory

Robert Berkel, Le village détruit, Saulmory

Le problème avec l’art conceptuel c’est qu’il agit comme une guillotine, soit c’est génial soit c’est ennuyeux et bavard. Et le génie n’est pas à tous les coins de rue. Mais comme les rues ou les paysages sont bien agréables…

 

Vitrail de Daniel Massart, Chapelle des arts de Stenay

Vitrail de Daniel Massart, Chapelle des arts de Stenay

 

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