L’épopée de Constant le Marin et des ses auto-mitrailleuses

affiche film 2Cafard, un film de Jan Bultheel ( sorti en Belgique et le18 novembre en France)

Un film de guerre, comme on disait au bon vieux temps des Canons de Navarone. Un dessin animé, ce qui dans le genre est plus rare, qui utilise la technique de la motion capture, qui consiste à filmer des acteurs, équipés de capteurs de mouvements, avant que leurs squelettes numériques soient habillés puis placés dans les décors. Un style, des couleurs, du mouvement : une magnifique esthétique !

Image du film Cafard

Image du film Cafard

L’histoire de Cafard, c’est l’épopée du lutteur professionnel belge Henri Herd, dit Constant le Marin (1884-1965), Jean Mordant dans le film, qui en octobre 1914 remporte le titre de champion du monde de lutte en Amérique du Sud au moment même où sa fille se fait violer en Belgique par les soldats prussiens. Il prend le premier navire pour rentrer en Europe, et s’engage, pour venger sa fille, dans le Corps expéditionnaire belge des autos-canons-mitrailleuses (A.C.M.).

Image du film Cafard

Image du film Cafard

C’est le périple incroyable de ce corps, précusrseur des tanks, qui s’embourbe sur les rives de l’Yser, puis part combattre sur le front russe. Mais quand la Révolution soviétique éclate, les blindés belges se retrouvent associés aux Russes blancs… Le bataillon ne peut plus revenir en arrière, et devant c’est la Sibérie, la Mongolie, la Chine puis les Etats-Unis où ils sont accueillis en héros, avant de rentrer en Europe. C’est une histoire vraie : la guerre est un excellent scénariste. Ajoutons pour les amateurs de l’histoire de Belgique que le complice de Jean Mordant est Julien Lahaut, qui, après la deuxième guerre mondiale, fut député communiste et assassiné quelques jours après avoir crié « Vive la République » au moment de la prestation de serment du Roi Baudouin en août 1950.

Constant le Marin

Constant le Marin

Le film se laisse voir comme une belle histoire, bien racontée avec de vrais héros, de l’amour et de l’action. Certes, elle manque un peu d’épaisseur, mais comme le dit son réalisateur Jan Bultheel : « Elle résume bien l’absurdité de cette guerre : cette unité d’élite, avant-gardiste pour l’époque, n’a pratiquement servi à rien d’un point de vue militaire. Mais ses volontaires ont été les témoins d’événements tragiques qui ont changé le monde d’après-guerre ».

 

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