Une belle adaptation BD d’Au revoir là-haut, le roman de Pierre Lemaitre

couverturePierre Lemaire et Christian de Metter, Au revoir Là-haut, rue de Sèvres, 2015

Au revoir là-haut, un succès colossal en 2013. Un Goncourt qui fait plaisir aux libraires avec 500.000 exemplaires. Aujourd’hui, une bande dessinée scénarisée par Pierre Lemaitre, avec des dessins de Christian De Metter, qui s’était fait connaître avec du policier, une adaptation BD de Shutter Island de Dennis Lehane.

Le roman de Pierre Lemaitre fait près de 600 pages ; l’écrit dans la BD tient sur trois feuilles A4, pas besoin de faire un dessin pour montrer toute l’importance de ce dernier. Il est magnifique dans ses traits, particulièrement pour les portraits, il est imagé dans ses couleurs qui portent tous les soubresauts de l’histoire. Celle-ci est découpée au scalpel, et nous n’en avons que les meilleurs moments. Mais les méandres dans lesquels le lecteur se perd et se plaît, ceux qui attisent le plaisir, ces dérivés et dérivatifs essentiels, la BD ne peut les reprendre. Heureusement, le dessin et ses couleurs campent au mieux l’ambiance noire et cynique du récit.

perosnnage avec osLa guerre est finie, les affaires reprennent. Les poilus reviennent, tout comme les escrocs et les crapules. La guerre ne nettoie jamais les vices. Y’a de l’argent à prendre dans le commerce de cadavres ou dans celui de monuments aux morts. Tout le monde est un peu voyou, mais les soldats de 2ème classe qui se sont fait pigeonner pendant quatre ans, on peut leur donner des circonstances atténuantes. Albert Maillard, un petit gars, est de ceux-là : obligé pendant quatre ans, puis oublié après. Il est l’anti-héros par excellence, lié à un fils de riche, qui a la gueule fracassée et qui ne veut pas rentrer chez lui. Ensemble ils montent une arnaque fabuleuse.

Le roman était à ce point imagé qu’on ne se rendait pas compte qu’il n’y avait que du texte.

De manière étonnante, le BD, quasiment sans texte, tient très bien la route. Magie ?

image bd interieur

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