La guerre 14-18, c’était juste pour se marrer !

livre 2Enfin ! Enfin on va rire de la Grande Guerre, avec Les poilus frisent le burn-out, de Bouzard (Fluide Glacial, 2016). Il était temps, comme si il y avait un interdit : on peut rire de tout, mais pas de la Grande guerre. Certes, il y a Charlot-soldat, de Chaplin. Mais c’est un humour de guerre et non un humour sur la guerre. Ici ou là dans les romans un peu d’humour pointe son nez, comme chez Jean Anouilh dans Le voyageur sans bagage. Un seul vrai contre-exemple, Le théorème de Roitelet de Frédéric Cathala (Albin Michel, 2004), magnifique fable qui met en scène un fantasque colonel qui a l’ambition de mettre la guerre en équation. Une géométrie délirante au service d’un absurde chaos.

Guillaume Bouzard

Guillaume Bouzard

Mais rien de comparable, pour la guerre 40, avec les succès populaires de La grande vadrouille ou La Septième compagnie. Succès incroyables, et qui ne seraient sans doute plus possibles aujourd’hui.

 

Les Poilus frisent le burn-out, c’est un vrai festival. De la déconnade, des blagues potaches, de l’absurde, du tendre, et surtout c’est drôle, très drôle, des histoires à rire debout et dans toutes les positions. Le seul défaut, c’est court, une quarantaine de planches, beaucoup trop court. Heureusement, c’est le tome 1, qui en promet d’autres.

Faut arrêter de lire sur Verdun, de faire des recherches sur l’arrière-grand-père soldat, faut se précipiter sur cette BD. C’est une coupure épistémologique qui marque l’entrée dans une nouvelle ère : on va pouvoir se marrer avec la guerre 14.Unknown

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